FeminisTech #9
Temps de lecture estimé : environ 9 minutesEpstein ou la misogynie à l’ère des techbros
On apprend dans cet article en anglais qu’Epstein utilisait son pouvoir financier à des fins misogynes
Thousands of released documents show how infamous sex criminal used his riches to fund misogyny and suppress female researchers
Ce n’est pas bien surprenant, au vu du personnage. Et quand on songe à l’étendue de ses relations et au nombre de personnes qui ne voyaient pas où était le problème à continuer à le fréquenter même après sa première condamnation, on ne s’étonnera pas que la tech actuelle ait pris un tournant littéralement voyeuriste
Bank details, sex and naked people who seem unaware they are being recorded. Behind Meta’s new smart glasses lies a hidden workforce, uneasy about peering into the most intimate parts of other people’s lives.
Pendant ce temps, en France, le 3919 est de plus en plus visé par des attaques masculinistes coordonnées au point que même Nuñez dénonce une « menace masculiniste décomplexée »
Les attaques que subit aujourd’hui le numéro national 3919 ne sont pas des faits isolés. Elles s’inscrivent dans un contexte plus large de montée en puissance de la menace masculiniste, organisée, décomplexée, qui s’attaque frontalement aux politiques d’égalité, aux associations féministes et aux dispositifs de protection des femme
Jin, Jiyan, Azadî
En Iran, totale incompréhension et profond dégoût face à la « frappe » (autre nom pour « bombardement » lorsque cela provient des États-Unis ou d’Israël) sur une école de filles. Pourquoi prendre pour cible une école, de filles ? Faut-il y voir un message ???
En droit international humanitaire, les établissements scolaires sont considérés comme des biens civils et bénéficient d’une protection renforcée. Leur prise pour cible, de manière délibérée ou aveugle, peut constituer une violation grave des règles de la guerre.
Concernant la situation en Iran, il faut absolument lire l’entretien avec le collectif Roja sur Contretemps, réalisé après le pic de répression en Iran et avant l’agression israélo-étatsunienne
Le même État qui impose la libéralisation des prix et manipule les marchés afin de transférer le coût de la crise vers la majorité de la population est aussi celui qui transforme le corps des femmes en terrain d’exercice de la souveraineté, sécurise l’espace public et réprime toute forme d’organisation autonome.
et qui revient également sur l’expérience du mouvement Femme, Vie, Liberté de 2022
l’agency politique des femmes et de la génération Z dans les fonctions de coordination, de symbolisation et d’énonciation politique a été déterminante, conférant au mouvement une forte cohérence symbolique et discursive articulant luttes féministes, démocratiques et anti-autoritaires.
Force à elles en ces temps sombres pour l’humanité.
Les fémonationalistes ne sont pas des féministes (et les TERFs non plus)
On se rappellera utilement toutes ces fois où le RN a voté contre les droits des femmes et on lira avec bonheur ce coup de gueule adressé à Alice Cordier
Vous avez menti sur les lieux. Vous avez menti sur les horaires. Vous avez menti sur le déroulé des faits. Vous avez menti sur tout. […] Sous couvert de défense des droits des femmes, le collectif Némésis, qui explique par ailleurs ne pas avoir de position sur la PMA, l’IVG ou les inégalités salariales, soit un bien étrange féminisme, est en réalité un groupe identitaire et fémonationaliste, adepte de la théorie raciste-complotiste du « grand remplacement » et partisan d’un « féminisme » consistant à promouvoir la défense du « mâle blanc », ainsi que vous l’expliquiez en novembre 2020
Comme le dit très bien Fémonationalisme/lesbonationalisme : c’est pas du féminisme ! Nemesis hors de nos rues !,
Nous avons beaucoup plus en commun, peut-être, avec les hommes dont ces femmes-là se méfient. Surtout s’ils luttent, comme c’est bien probable, contre le racisme, et même peut-être contre le capitalisme. On a des choses à faire ensemble —et on les fait déjà. Et c’est ça le féminisme, le lesbianisme. Construire des alliances larges, non pas sur des bases identitaires (ni de sexe, ni nationales) mais à partir d’une conscience partagée de ce que le fonctionnement social actuel est radicalement injuste, oppressif, odieux, insupportable en un mot. Et qu’il nous mène droit dans le mur. Alors que tant d’autres mondes sont possibles…
Quant à la transphobie, je renvoie à ce que je disais ici :
En patriarcat, le genre est la technique qui permet de répartir les personnes en classes de dominants et dominées […] en tant que féministes, nous sommes bien toustes des trans. Puisque nous remettons en cause la hiérarchie associée au genre (voire le genre lui-même), nous devenons autre chose que des femmes™ ou des hommes™ au sens patriarcal du terme.
De la dissonnance cognitive d’utiliser des outils de techbros fachos quand on est militant·e féministe
Militant·e de gauche, féministe, vous utilisez encore les réseaux sociaux et les outils des techbros fachos : WhatsApp, Instagram, LinkedIn et autres Google Docs ?
(si vous êtes encore sur X je ne peux plus rien pour vous mais il y a de bonnes chances que vous ne me lisiez pas)
Alors ces articles sont pour vous :
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WhatsApp chez les militant·es ? coup de gueule ! décrit bien les enjeux. En ce qui me concerne, j’ai trouvé mon bonheur avec XMPP (une solution décentralisée, qui ne dépend pas d’une entreprise, pour laquelle il est très facile de se créer un compte sans avoir à donner ni numéro de téléphone, ni email, ni quoi que ce soit d’autre). Voir ce précédent FeminisTech (dernier paragraphe) pour plus de détails.
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En anglais, I Verified My LinkedIn Identity. Here’s What I Actually Handed Over devrait vous dissuader de vérifier votre compte sur LinkedIn (pour rappel, LinkedIn c’est Microslop, depuis 2016).
When you click “verify” on LinkedIn, you’re not giving your passport to LinkedIn. You get redirected to a company called Persona. Full name: Persona Identities, Inc. Based in San Francisco, California. LinkedIn is their client. You are the face being scanned. […] They use uploaded images of identity documents — that’s my passport — to train their AI. […] And look at who’s doing “Data Extraction and Analysis” — Anthropic, OpenAI, and Groqcloud. Three AI companies are processing your passport and selfie data.
- Créer un sondage ou une enquête quand on est un collectif féministe est très instructif et on y découvre avec joie le nouveau collectif féministe, Dinah, œuvrant pour un numérique émancipateur. 🎉
Enfin, sachez-le, même les fontes sont problématiques car une fonte, c’est du code. Cela peut être utilisé à des fins de résistance comme par ici : Introducing Times New Resistance – a Times New Roman impersonator that autocorrects the autocrats.
Do you have access to the computer of an ICE apologist, white supremacist, Republican mouthpiece, right wing propagandist, or other morally bankrupt American? Times New Resistance autocorrects specific words as they are typed. For example, the word ICE autocorrects to the Goon Squad and the word Trump autocorrects to Donald Trump is a felon. To the untrained eye, Times New Resistance looks just like Times New Roman – the official font of the U.S. State Department. When you install the font, it will appear in your font menus as Times New Roman, with an extra space between the words Times and New.
Mais entre les mains de Google, c’est plutôt utilisé pour vous pister. Ainsi, l’utilisation de Google Fonts n’est pas conforme au RGPD. Même s’il existe des moyens de contourner ce « problème » en utilisant ces fontes en local, pourquoi ne pas tout bonnement les virer et opter pour des fontes libres respectueuses des utilisateurices ?
J’en profite pour vous mettre un lien de conférence au CCC relative aux fontes variables et tout ce qu’on peut faire avec : Variable Fonts — It Was Never About File Size : bon visionnage !
De mes expériences avec Ghost (ou pourquoi je l’ai rapidement ghosté)
Ce blog a commencé suite à une expérience avec Ghost :
un moteur de blog libre et open source écrit en JavaScript et distribué sous licence MIT. Ghost est conçu pour simplifier le processus de publication en ligne par des blogueurs, médias, PMEs…
Alors ok mais moi, ça me l’a plutôt complexifié, mon processus de publication. Trop de pop ups, de liens vers des trucs pas libres, et en plus, ça me cassait toutes mes configurations à chaque mise à jour ! De quoi me gonfler suffisamment pour que le week-end dernier, je jette mon tablier et repasse en site statique via le générateur de sites Hugo.
Il faut dire que je n’utilisais aucune des fonctionnalités phares de Ghost : ni le système de newsletters (pô libre), ni le système de commentaires (idem). Ce qui a été très pratique au moment de faire la migration puisque tout était déjà en place ! Il a juste fallu que j’apprenne, pour récupérer les anciens commentaires, comment rediriger les URL dans Hugo ce qui est plutôt simple (mettre l’URL souhaitée au bon endroit dans le fichier de la page que l’on veut rediriger) puis à lister les posts récents du blog (ce pour quoi j’ai un peu plus galéré, jusqu’à ce que je tombe sur cette page).
En ce qui concerne le nouveau processus de publication, il est clairement moins prise de tête : j’écris directement en Markdown au lieu de me battre avec l’éditeur WYSIWYG de Ghost (j’ai appris en écrivant ce billet que le fondateur de Ghost était auparavant responsable de l’équipe interface utilisateur de WordPress, NON SANS BLAGUE) (oui j’ai aussi une dent contre l’éditeur WYSIWYG de Wordpress 😈). Et j’avais déjà sauvegardé en markdown mes précédents billets sur mon ordinateur (pas folle la guêpe, je n’avais pas envie de tout perdre en cas de crash impromptu de cette usine à gaz). Et tout est préparé et visualisé en local, sur mon ordinateur, avant d’envoyer le dossier public en ligne (pour l’instant par simple transfert FTP contrairement à mon site principal que je synchronise via rsync ; il faut que je voie si c’est possible à faire au sein de Yunohost).
Côté thème, j’ai juste repris celui de mon autre site en l’adaptant un peu (merci aux mastopotes pour l’aide css 🥰) (je suis une quiche en css 😅) ce qui m’a permis, au passage, d’apprendre quelques nouveaux trucs 🥳
Quelques nouvelles qui donnent la pêche pour terminer
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Une nouvelle stratégie thérapeutique faisant appel à des vaccins personnalisés a été présentée le 18 février dans la revue « Nature ». Elle permettrait d’échapper aux récidives, responsables de 12 000 décès en France chaque année, concernant le cancer du sein triple négatif.
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Comme je le signalais déjà dans une précédente revue, Broder/tricoter c’est (aussi) résister. Ainsi, chaque mois à Marseille, des femmes de tous horizons se réunissent pour broder ensemble, des portraits de femmes victimes de féminicides politiques.
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Grâce à l’initiative citoyenne Ma Voix Mon Choix, des fonds européens pourront désormais financer l’accès à l’IVG pour toutes les femmes, dans tous dans les pays de l’Union Européenne.
Voilà, c’est tout pour cette semaine, merci pour votre lecture :-)
Publié le 05/03/2026
Dernière édition le 05/03/2026
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